Fiche les p'tits philosophes
Pour réfléchir et discuter avec nos enfants, voici un complément à la rubrique Les p’tits philosophes qui paraît chaque mois dans notre POMME D’API. Pour plus d’activités, on peut consulter la fiche pédagogique dans le Coin enseignants
On cherche comment amorcer la discussion?
Cette fiche suggère quelques pistes. Ensuite, c’est à nos petits de faire le travail. On les suit en confrontant leurs réponses et en relançant la réflexion par d’autres questions au besoin ! En philosophie, on incite les enfants à réfléchir à des concepts ou des situations globales (comment les gens se sentent lorsque...?). On évite les anecdotes personnelles (comment te sens-tu lorsque...?). Dans une perspective psychologique, on utilise le « je » et le « moi » alors qu’en philosophie, on favorise le « on » et le « nous ».
C'est quoi l'infini?
À 4 ou 5 ans, les enfants sont en plein dans l’âge du questionnement métaphysique, ils se posent des questions sur leurs origines et certains commencent aussi à s’interroger sur l’infini. C’est pourquoi cette fiche propose une première approche qui leur permet de prendre conscience qu’il y a des choses qui ne s’arrêtent jamais.
Explorer les images
Pour représenter l’infini, l’image s’appuie sur un contraste entre un personnage seul dans un « décor » proche (des éléments familiers suggèrent la présence d’une maison) et un environnement « ouvert », sans limite autre que celle de la page. Plusieurs concepts peuvent être abordés en lien avec l’infini à partir de cette image :
La distance et la dimension. Les étoiles paraissent minuscules dans le ciel immense.
La solitude. Le personnage est seul face à l’immensité du monde.
Le flou. L’infini apparaît comme un défi à la raison et à l’imagination, surtout pour l’enfant, constamment confronté aux limites.
L’opposition entre grand et petit. L’infiniment petit est un concept moins accessible pour l’enfant. En l’opposant à l’infiniment grand, on peut l’aider à en prendre conscience..
La subjectivité. L’attente ou la distance peut paraître infiniment longue lorsqu’on a hâte ou qu’on s’ennuie, mais très court quand on redoute quelque chose à venir.
Pistes de réflexion pour philosopher avec notre enfant
- Imagine que tu es à la même place que ce personnage : à ton avis, qu’est-ce que tu vois? Est-ce que c’est agréable?
- Sais-tu ce que sont les petites « lumières » que l’on voit dans le ciel, la nuit? « En vrai » : sont-elles très petites, ou très grandes? Pourquoi alors ne voit-on que de toutes petites lumières dans le ciel, lorsqu’on regarde le ciel la nuit? À ton avis, comment doit être le ciel, pour que les étoiles paraissent si petites : très petit, ou très grand?
- Quelles sont les choses que tu connais et qui sont très grandes? Tellement grandes qu’elles ne finissent jamais? Au contraire,très petites?
- S’il y a des choses aussi grandes, est-ce qu’il se peut qu’il y en ait des minuscules? Est-ce que tu peux imaginer des exemples?
- Y a-t-il une activité que tu aimes bien finir? Pourquoi aimes-tu lorsqu’elle s’arrête? Y en a-t-il une que tu aimerais voir durer toujours? As-tu parfois peur qu’une chose s’arrête? Quoi par exemple? Pourquoi cela te fait-il peur?
- Qu’est-ce qui se passe quand on a fini de faire quelque chose ? Est-ce que lorsque quelque chose est fini, cela veut dire qu’il ne va plus rien se passer du tout?
- Comment se sent-on devant quelque chose qui est très très grand? Et très très petit? Est-ce qu’on change de grandeur? Alors pourquoi a-t-on ce sentiment?
Bibliographie :
Mais que font les fées avec toutes ces dents? et Mais où les fées des dents vont-elles chercher tout cet argent?, de Michel Luppens et Philippe Béha, Raton Laveur
Tout le monde sait que lorsqu’on perd une dent, on la met sous son oreiller pour qu’une fée la remplace par une pièce de monnaie. Mais vous êtes vous demandé ce que font les fées avec toutes ces dents? Et où prennent-elles toutes ces pièces? Deux livres qui nous montrent bien que l’imagination n’a pas de limites!
Ne dites pas à maman que je suis dans les nuages, de Carl Norac et Mireille Levert, Éditions Imagine
Fantino, un petit éléphant distrait, profite d’une permission de sa maman pour aller se promener, à la condition de ne pas trop s’éloigner. Une fois dehors, il saute sur la machine qu’il a construite à partir d’un vieux vélo et… s’envole. Il croise un avion, salue les oiseaux, s’assied sur un nuage. Puis il s’élève encore plus loin. Jusqu’où pourra-t-il se rendre avant que ses parents ne se rendent compte qu’il s’est quelque peu éloigné?
Décroche-moi la lune, de Marie-Francine Hébert et Mylène Pratt, Dominique et compagnie
Que peut faire un père par amour pour son fils? Que peut demander encore un fils qui obtient tout? Décrocher la lune, bien sûr. Papa essaie pourtant d’offrir l’inaccessible. Un très beau conte sur l’amour infini d’un père pour son fils et des limites qui, nécessairement s’imposent.
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